Depuis plus d’un demi-siècle les citoyens britanniques ne possèdent qu’un passeport. La carte d’identité ayant été abandonnée en 1952 par Winston Churchill, car jugée inutile en temps de paix.
Mais en mars 2006 le gouvernement Tony Blair fait machine arrière en votant la loi autorisant l’utilisation de la carte d’identité par ses citoyens. Deux ans ont passé, le texte doit désormais s’appliquer mais quelques points portent toujours à débat.
Une société électronique
Les Anglais ont du mal à comprendre, qu’en France par exemple, l’identité des habitants puisse être contrôlée sur demande d’un agent de police. Nombre d’entre eux perçoivent ceci comme une violation des libertés individuelles.
La réintroduction de la carte d’identité provoque des réticences d’autant plus grandes dans le pays quelle sera biométrique. Y figurerons des renseignements de base - nom, adresse, date de naissance - mais aussi des informations bien plus personnelles. Telles que les empreintes digitales, faciales (écarts entre les parties du visage) et celles de l’iris de l’œil.
Ces données seront ensuite regroupées dans le fichier national des cartes d’identités qui contiendra également les détails biométriques des nouveaux passeports. C’est pour cette raison que le citoyen sera libre de choisir un des deux documents à condition, bien sûr, qu’il soit doté d’une puce électronique.
Objectif : une sécurité nationale renforcée
Gordon Brown, le premier ministre actuel, suit son prédécesseur en ce qui concerne les raisons de ce projet. Selon lui l’idée, née peu après les attentats de Londres en 2005, doit contribuer à améliorer la sécurité nationale. L’ « id card » doit aider à lutter sur plusieurs fronts : l’immigration et le travail clandestin, la criminalité et le terrorisme.
A partir de novembre 2008, les étrangers voulant entrer sur le territoire devront faire la demande d’un permis de résider ou d’un visa, tout deux biométrique. Tous leurs détails seront conservés dans le fichier national commun et seront ainsi accessible, en cas de doutes ou d’enquêtes, par les autorités.
Ceux qui redoutent de nouvelles actions terroristes sont séduits mais les opposants ne manquent pas de dire que cette carte est une menace des libertés individuelles, qu’elle coute trop chère (50 euros) et qu’elle ne contribuera pas à améliorer la sécurité du pays.
L’introduction du document pour les citoyens britanniques est prévue en 2009, seuls les étrangers sont concernés cette année.
Caroline Loyer